AUDRIC LAVERGNE

AUDRIC est issu d’une famille de paysans pauvres. Ce qui l’a sauvé d’un destin de dur labeur aux champs, c’est non seulement un talent inné pour le sens du beau, du visuel, des couleurs, mais aussi et surtout son oncle PIERRE LAVERGNE, maître peintre dans un atelier de tapisserie situé à Clermont. Ce dernier le prend sous son aile comme apprenti alors qu’il a 10 ans pour lui enseigner son métier, devenant ainsi son mentor.

En sept ans, Audric a eu le temps de se perfectionner et, bien que Pierre ne l’avouerait pour rien au monde, il pense parfois que les dons de l’élève dépassent ceux du maître. Mais le manque de maturité d’Audric l’empêche de développer pleinement son talent. Si Audric est honnête et loin d’être prétentieux, ne pensant pas à mal et n’ayant que la fougue de sa jeunesse, il a une forte tendance à ne pas prendre non pour une réponse. Audric réagit à l’instinct, avant de réfléchir. Pierre a beau essayer de le canaliser, son affection pour un neveu qu’il considère comme son fils lui donne beaucoup de difficultés à être sévère…

Audric ne vit que pour la peinture : lorsqu’il peint, il oublie tout. Mais très vite, les canevas de la tapisserie deviennent pour lui trop étroits… Les récits des batailles des croisades le transportent et, dans ses songes les plus fous, il en colore les murs des plus grands palais…. Le meurtre de son oncle va bouleverser sa vie. Incapable de retenir sa colère, Audric n’a qu’une idée en tête : comprendre qui a pu sauvagement tuer son bienfaiteur mais surtout le venger, quoi qu’il en coûte… Mais Audric n’est encore qu’un adolescent fougueux et irresponsable…

JACQUES TEISSIER

JACQUES, apprenti lissier de 18 ans, est le fils du MAITRE LISSIER à qui appartient l’atelier de tapisserie. Il attend avec impatience le jour où il reprendra l’atelier de son père. Pourtant, ce dernier, très sévère, lui apprend le métier de la manière forte. Longues heures, tâches ingrates, peu d’affection ou de reconnaissance en retour… Jacques sent que son père s’intéresse plus à sa boutique qu’à son fils. Mais il est bien décidé à le rendre fier et à se montrer digne de son héritage. Jacques passe donc la plupart de son temps penché sur son ouvrage, discret, subissant…

Audric a parfois une forte tendance à voir en Jacques un souffre-douleur et à de nombreuses reprises Jacques a ravalé sa rancune envers son ami, qu’il trouve ingrat : Audric ignore la chance qu’il a d’avoir une telle relation avec son oncle, relation que Jacques adorerait avoir avec son père. Mais ce n’est pas grave : un jour, il sera le maître de l’atelier, et alors il pourra asseoir son autorité sur les autres.

La mort de son père et de l’oncle d’Audric va faire tourner la roue du destin pour Jacques, lui donnant enfin les occasions tant attendues de se venger des humiliations et surtout de réaliser son rêve, devenir à son tour maître d’atelier… Jacques se promet de ne plus jamais subir mais de faire payer les autres.

SYBILLE VIDAL

Fille d’un grand jongleur de la cour du seigneur Elbe II de Ventadorn, SYBILLE VIDAL, 20 ans, tient de son père l’amour pour les mots et la poésie. Quand Sybille était enfant, son père réunissait autour de son seigneur les meilleurs troubadours de son époque. La jeune fille passait son temps avec eux, apprenant ainsi l’art de la narration et du déguisement. Elle rêvait de partir sur les routes, mais son père lui a imposé de se marier à un petit clerc tout juste installé pour subvenir au besoin de sa famille.

Joyeuse et passionnée, elle n’en est pas moins très à cheval sur les valeurs que son père lui a inculquées telles que la justice et la droiture. Très vite, son jeune époux part pour les croisades et Sybille n’a plus de nouvelles de lui. Elle décide alors d’aller glaner des informations, et part faire le tour des cours de France où elle est reçue selon les politesses que son activité de jongleuse lui permet. Son enquête la mène à la source des croisades : son mari a en effet suivi Guillaume VI, le Comte d’Auvergne, et c’est désormais auprès de la comtesse Emma de Hauteville devenue une amie proche, que Sybille attend le retour de son mari ou la nouvelle de son trépas.

Cependant, l’absence prolongée de son époux lui fait prendre conscience que ses sentiments à son égard n’étaient que très superficiels et dictés par la bonne conduite. Sybille finit par l’oublier et l’esprit d’aventure lui revient, bien plus fort que la volonté d’être femme au foyer. En rencontrant Audric, elle va véritablement tomber amoureuse… Un amour impossible et dangereux…